RDC: Le peuple dehors, les élus dedans – Briser le mur du silence
Le 15 septembre met à nu un paradoxe troublant de notre vie politique : le Peuple marche dans la rue, pendant que ses Élus siègent dans l’hémicycle. Deux légitimités, en apparence liées, mais dans...
Le 15 septembre met à nu un paradoxe troublant de notre vie politique : le Peuple marche dans la rue, pendant que ses Élus siègent dans l’hémicycle.
Deux légitimités, en apparence liées, mais dans les faits séparées par un mur invisible.
Si les marcheurs représentent l’expression directe du peuple, et si les députés incarnent sa représentation institutionnelle,
comment comprendre que ces deux réalités ne se rencontrent pas ?
Pourquoi l’Élu hésite-t-il à écouter celui qui l’a élu ?
Dans une démocratie vivante, le mandat n’est ni un privilège, ni une propriété privée. Il est une responsabilité, un prêt accordé par le peuple, sous condition d’écoute et de redevabilité.
Refuser d’entendre les revendications populaires,
ou pire, rester à distance sans geste d’ouverture,
pose une question essentielle : à qui répond réellement l’élu ?
Car une Assemblée nationale mature ne se mesure pas seulement à la qualité de ses lois,
mais aussi à sa capacité d’écoute, surtout en période de tension sociale.
Sortir à la rencontre des citoyens, accueillir leurs doléances, ouvrir un cadre de dialogue : voilà des signes de vitalité démocratique.
À l’inverse, se retrancher dans l’hémicycle, laisser le peuple dehors sans réponse, c’est risquer d’élargir la fracture entre gouvernants et gouvernés.
LE PEUPLE DEHORS.
SES ÉLUS DEDANS.
ENTRE LES DEUX, UN MUR DE SILENCE.
Ce mur n’est pas seulement physique.
Il est politique, symbolique et profondément dangereux.
Car une démocratie où les élus n’écoutent plus le peuple
cesse progressivement d’être une démocratie vivante.
Le véritable enjeu de cette journée n’est donc pas seulement la marche,
mais la réponse institutionnelle qui lui sera donnée.
L’Assemblée nationale congolaise est aujourd’hui face à un test :
celui de sa maturité démocratique.
Écouter, dialoguer, représenter réellement —
ou se couper du peuple qu’elle est censée incarner.
L’histoire retiendra le choix.
Daniel Mombele



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